Retrouve moi à la terrasse du café sombre et abandonné, aux murs délabrés, recroquevillée sur moi-même, les mains glacées, soufflant les airs passés, murmurant les mots enchantés et essayant de pleurer. Mes pieds seront congelés dans mes bottines noires, mon pull en laine gris pour me réchauffer, et mes cheveux décoiffés feront corps avec le vent, qui m'embrassera de sa froideur et de son mépris. Les affiches décomposées tomberont au sol, se frottant contre le béton d'une banlieue écartée. Alors, tu t'assieras à la table d'à côté, feuilletant un vieux journal jauni, sans un mot dire, sans un regard. Puis un trompettiste jouera un air de jazz pour engourdir notre misère.
mardi 16 octobre 2007
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